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Les animaux domestiques, un soutien en période de deuil ?

17 novembre 2023
Temps de lecture: 2 min

La perte d’un ami ou d’un époux laisse un vide immense. Nous cherchons alors à nous réconforter de diverses manières. Les animaux peuvent être d’un grand soutien dans notre processus de deuil. Ann Costermans, conseillère en matière de deuil et de perte chez DELA, nous explique comment ils peuvent nous aider à faire face à la perte.

Des compagnons réconfortants

Les animaux ont généralement un impact positif sur notre santé mentale et physique.

  • Les chiens sont réputés pour leur loyauté.
  • Les chats ont le don d’apaiser.
  • Les rongeurs, comme les cochons d’Inde et les lapins, ainsi que les poissons rouges, peuvent apporter un soutien inattendu sous d’autres formes.

Nos animaux de compagnie n’effacent pas notre chagrin, mais ils ont le pouvoir de nous réconforter. Le lien entre l’homme et l’animal est souvent plus fort que nous le pensons.

« Les interactions avec nos animaux de compagnie, comme les caresses à un chien, peuvent augmenter la production d’ocytocine, l’hormone de l’amour, et ainsi procurer une sensation de légèreté. Elles réduisent également notre taux de cortisol, l’hormone du stress, nous permettant de nous détendre plus profondément. »

- Ann Costermans

Les thérapeutes du deuil intègrent de plus en plus souvent des animaux dans le cadre de thérapies du deuil professionnelles. Le coaching assisté par l’animal et les chiens d’assistance spécialement entraînés peuvent jouer un rôle précieux dans le soutien des personnes endeuillées.

Contact social

La pandémie de Covid-19 nous a appris que les animaux de compagnie peuvent être une importante source de soutien en période d’isolement social. Après la perte d’un être cher et en pleine période de deuil, nous avons parfois tendance à nous isoler socialement. Nous n’avons alors plus l’énergie d’aller voir d’autres personnes, et nous avons parfois l’impression que les personnes de notre entourage nous ont oubliés, car pour elles, la vie continue.

Dans ces moments, les animaux de compagnie s’avèrent plus que jamais être des compagnons fidèles. Ils nous apportent un amour et un réconfort inconditionnels, quelles que soient les turbulences émotionnelles que nous traversons. Leur présence peut être une source de distraction et de compagnie dans les moments de solitude.

Un chien nous oblige à sortir plusieurs fois par jour, et cette promenade nous apporte souvent un contact social, en plus d’un exercice bienfaisant. Aussi superficiel soit-il, le bref échange quotidien avec la voisine ou le compliment inattendu d’un passant sur les bonnes manières de Bobby peut apporter beaucoup.

Soin et structure

Les animaux ont besoin de structure : ils doivent être nourris, promenés et soignés à temps. Ces gestes routiniers peuvent servir de repère aux personnes en deuil. Une personne endeuillée a également besoin d’une structure quotidienne pour continuer à prendre soin d’elle-même.

Il convient toutefois de réfléchir à deux fois avant d’adopter un animal en période de deuil. « Assurez-vous qu’il ne s’agit pas d’une décision impulsive. S’occuper d’un animal domestique demande du dévouement et de la responsabilité. En période de deuil, il importe avant tout de prendre soin de vous », souligne Ann Costermans.

Impliquer les animaux dans les adieux

Les entrepreneurs de pompes funèbres de DELA remarquent à quel point un animal de compagnie peut être important pour les personnes confrontées à la perte. On leur demande régulièrement si le chien peut être présent au funérarium, s’il peut marcher dans le cortège funèbre ou s’il peut être impliqué autrement dans les funérailles.

Il arrive aussi qu’on leur demande si l’animal domestique pourra être enterré avec son maître. En Wallonie, un décret est en cours d’élaboration et autorisera cette pratique à partir de septembre 2024. Il y a toutefois quelques conditions à respecter :

  • l’animal doit être décédé et avoir été incinéré auparavant ;
  • cette pratique n’est possible qu’en cas d’enterrement.

(Source: RTBF)

En Flandre, la législation en la matière est floue, mais dans la pratique, il est par exemple autorisé de placer le pot contenant les cendres de l’animal à côté de l’urne du défunt dans le columbarium. Le fidèle compagnon peut ainsi reposer près de son maître pour qui il comptait tant.