Recevoir un héritage est souvent une expérience chargée d’émotions. Plus encore lorsqu’un enfant perd un parent, un grand-parent ou un autre proche. Au-delà du chagrin, de nombreuses questions pratiques et juridiques se posent. Un mineur peut-il réellement hériter ? Qui gère les biens hérités ? Et que se passe-t-il si la succession comporte des dettes ?
En Belgique, un mineur peut effectivement hériter. Toutefois, comme il ne peut pas agir seul sur le plan juridique, la loi prévoit une protection supplémentaire. Elle veille ainsi à ce que les décisions soient toujours prises dans l’intérêt de l’enfant.
Oui. Un mineur peut être héritier au même titre qu’un adulte. C’est notamment le cas lorsqu’un parent, un grand-parent ou un autre membre de la famille décède et que l’enfant a droit à une partie de la succession en vertu de la loi ou d’un testament.
Toutefois, un mineur est juridiquement incapable d’exercer seul certains actes. Cela signifie qu’un enfant ne peut pas lui-même décider d’accepter ou de refuser une succession. C’est pourquoi son représentant légal agit en son nom.
Dans la plupart des cas, il s’agit du parent qui exerce l’autorité parentale. Lorsqu’aucun parent n’est en mesure d’exercer cette responsabilité ou lorsqu’un parent en a été déchu par décision judiciaire, un tuteur est désigné. Il peut s’agir d’un membre de la famille ou d’un proche que le tribunal estime apte à défendre les intérêts de l’enfant.
En outre, toute décision relative à une succession nécessite l’autorisation du juge de paix. Cette intervention garantit que le choix posé est toujours conforme à l’intérêt de l’enfant.
Comme les héritiers majeurs, les mineurs disposent en principe de trois possibilités :
En cas d’acceptation pure et simple, l’enfant reçoit non seulement les biens composant la succession, tels qu’une épargne, un logement, une voiture ou d’autres biens, mais également les éventuelles dettes. Cette option est donc surtout recommandée lorsqu’il existe suffisamment de garanties quant au caractère positif de la succession. Pour un mineur, l’autorisation préalable du juge de paix est nécessaire.
Il s’agit de l’option la plus prudente lorsqu’il existe un doute concernant la situation financière du défunt. Le notaire établit alors un inventaire reprenant l’ensemble des biens et des dettes. L’enfant ne pourra jamais hériter de davantage de dettes que la valeur des biens reçus. Dans le pire des cas, il ne reçoit rien, mais il n’est jamais tenu de supporter un déficit.
Lorsqu’il apparaît que la succession est principalement composée de dettes, le refus peut constituer la meilleure option. L’enfant renonce alors totalement à la succession. Là encore, l’autorisation du juge de paix est indispensable.
L’intervention du juge de paix poursuit un objectif unique : protéger les intérêts de l’enfant.
Un parent ou un tuteur ne peut pas décider librement d’accepter ou de refuser une succession au nom d’un mineur. Le juge vérifie que cette décision est réellement avantageuse pour l’enfant. Refuser une succession parce qu’un parent entretenait une relation difficile avec le défunt, par exemple, ne constitue pas un motif valable.
L’intérêt de l’enfant reste toujours la priorité.
Ce n’est qu’après l’octroi de l’autorisation par le juge de paix que le parent ou le tuteur peut entreprendre les démarches nécessaires auprès du notaire.
Il peut arriver qu’un conflit d’intérêts survienne entre le parent et l’enfant. C’est notamment le cas lorsqu’ils héritent tous deux de la même succession et que leurs intérêts ne coïncident pas totalement.
Dans une telle situation, le juge peut désigner un tuteur ad hoc. Il s’agit d’une personne indépendante chargée de représenter temporairement les intérêts de l’enfant et de participer aux décisions relatives à la succession.
Cette mesure permet d’éviter que l’enfant ne soit lésé.
Lorsqu’un mineur hérite, les biens reçus sont généralement administrés par le parent exerçant l’autorité parentale.
Cela signifie notamment que ce parent peut :
Toutefois, le parent ne gère pas ce patrimoine pour son propre compte, mais au nom de l’enfant.
En principe, le parent dispose de l’usufruit des biens de son enfant mineur. Cela signifie par exemple que les revenus locatifs provenant d’un bien hérité peuvent lui revenir, pour autant qu’ils soient utilisés dans l’intérêt de l’enfant.
Certaines opérations importantes, comme la vente d’un bien immobilier, peuvent être soumises à des conditions légales supplémentaires ou nécessiter des autorisations spécifiques.
À partir de l’âge de 18 ans, l’enfant acquiert sa pleine capacité juridique.
La gestion de l’héritage lui est alors automatiquement transférée. Il peut dès ce moment disposer librement du patrimoine qu’il a hérité.
Le règlement d’une succession est souvent complexe. Lorsque des héritiers mineurs sont concernés, des mécanismes de protection supplémentaires viennent encore s’y ajouter.
Il est donc recommandé de demander conseil à un notaire dans les meilleurs délais. Celui-ci peut notamment vous aider pour :
Vous avez ainsi la certitude que toutes les démarches sont accomplies correctement et que les intérêts de l’enfant sont protégés au maximum.
Lorsqu’un mineur hérite, les mêmes options de base existent que pour un héritier majeur : accepter la succession, l’accepter sous bénéfice d’inventaire ou la refuser.
Comme un enfant ne peut pas se représenter juridiquement lui-même, cette décision est prise en son nom par un parent ou un tuteur. Le juge de paix vérifie alors systématiquement que la solution retenue est conforme à l’intérêt de l’enfant.
La loi garantit ainsi la protection des héritiers mineurs, même durant une période déjà particulièrement difficile sur le plan émotionnel.
Le Plan de Prévoyance Héritage DELA peut vous y aider.