Le 2 novembre, à l’occasion de la Toussaint, nous prenons le temps de penser aux personnes qui nous manquent. Nous nous rendons sur une tombe, allumons une bougie ou nous remémorons celles et ceux qui ne sont plus parmi nous. Pour beaucoup, il s’agit d’une tradition précieuse. Mais lorsqu’on traverse un deuil ou que quelqu’un nous manque, on sait que le souvenir ne suit pas le calendrier.
Car même un mardi ordinaire, lors d’une promenade, en entendant une chanson ou en préparant un plat familier, un être cher peut soudain nous sembler tout proche.
Se souvenir ne doit donc peut-être pas se limiter à un seul jour par an. Au contraire : prendre consciemment le temps de penser à une personne qui nous manque peut apporter du réconfort et aider à maintenir vivant le lien avec un être cher décédé.
Les rituels jouent un rôle important lorsque nous sommes confrontés à une perte. Aujourd’hui, de plus en plus de personnes choisissent de leur donner une signification qui leur est propre. Il ne doit pas nécessairement s’agir de quelque chose de grand ou de visible. Souvent, les moments de souvenir les plus précieux se trouvent justement dans de petites habitudes.
Se souvenir ne signifie pas s’accrocher au passé. Il s’agit de reconnaître qu’une personne continue d’occuper une place dans notre vie, même si elle n’est plus là.
Un rituel ne doit pas être compliqué. Allumer une bougie le dimanche soir, prendre un moment pour regarder une photo ou planter chaque année des fleurs dans le jardin : ce sont de petits gestes qui peuvent laisser une place aux beaux souvenirs.
Et parce qu’ils reviennent régulièrement, ils peuvent créer un sentiment de lien avec la personne qui vous manque. En partageant ces rituels avec des ami(e)s ou des membres de votre famille, ils permettent également de renforcer les liens entre vous.
Parfois, le souvenir d’une personne se cache dans quelque chose de très simple. Une tasse à café, une écharpe, un ancien stylo ou un objet qu’elle utilisait souvent peut prendre une signification particulière. Donnez-lui une place bien précise chez vous ou utilisez-le consciemment à un moment où cette personne vous manque.
Un objet ordinaire devient ainsi un souvenir discret d’une personne qui comptait beaucoup pour vous.
En partageant les souvenirs, vous les faites vivre. Racontez des anecdotes aux enfants ou aux petits-enfants, évoquez ensemble des souvenirs lors d’une réunion de famille ou notez des histoires dans un carnet.
Les grands moments de la vie ne sont pas les seuls à mériter une place. Ce sont souvent justement les petits souvenirs du quotidien qui rendent une personne si présente.
Peut-être que la personne qui vous était chère avait une expression bien à elle, une habitude particulière ou une tradition qui revenait chaque année. Préparer des crêpes pour un anniversaire, jouer à un jeu précis en famille ou avoir une manière bien à elle d’accueillir quelqu’un, par exemple.
En perpétuant consciemment cette habitude ou en la transmettant à vos enfants et petits-enfants, une part de cette personne continue à vivre auprès des autres. Vous ne devez pas nécessairement tout reproduire à l’identique : vous pouvez aussi vous approprier cette tradition.
Certaines personnes se sentent proches d’un être cher décédé lorsqu’elles font quelque chose qui leur rappelle cette personne. Faire une promenade dans une forêt familière, préparer sa recette préférée ou écouter la musique qu’elle aimait.
Le souvenir trouve ainsi une place active dans la vie d’aujourd’hui. Votre proche était peut-être aussi actif au sein d’une association ? Vous pourriez alors choisir d’y faire du bénévolat.
Tous les moments de souvenir ne doivent pas être planifiés. Parfois, une odeur, une photo ou un lieu particulier fait soudain ressurgir des souvenirs.
En ne repoussant pas ces moments et en prenant au contraire le temps de les accueillir, vous vous donnez l’espace nécessaire pour ressentir ce qui se présente.
De nombreuses personnes continuent à parler en pensée à quelqu’un qui est décédé. Elles pensent à cette personne lors d’une décision importante, d’un anniversaire, d’un mariage ou de la naissance d’un enfant.
C’est un signe du lien qui demeure : la relation prend une autre forme, mais elle continue d’exister.
La Toussaint est un beau moment pour prendre consciemment le temps de penser aux personnes qui nous manquent. Mais cette journée peut aussi être une invitation à réfléchir à la manière dont nous pouvons donner une place aux souvenirs tout au long de l’année.
Car se souvenir ne doit pas se limiter à une seule date du calendrier. Parfois, le souvenir se trouve dans une bougie, une histoire, une promenade ou un sourire provoqué par un souvenir inattendu.
Ce sont justement ces petits moments qui font qu’une personne ne disparaît jamais tout à fait.