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Les enfants neurodivergents et le deuil : différent, mais tout aussi réel

Lorsqu’un enfant autiste, avec un TDAH ou présentant une autre forme de neurodivergence est confronté au décès d’un proche, les adultes se basent souvent sur leur propre vision du chagrin. Nous nous attendons à voir des larmes, des conversations ou des émotions clairement exprimées.

Chez les enfants neurodivergents, ce n’est pas toujours le cas.

Cela ne signifie pas que la perte les affecte moins. Cela signifie simplement que leur tristesse peut se manifester autrement. Certains enfants expriment peu leurs émotions, tandis que d’autres ressentent un besoin accru de routines, posent sans cesse les mêmes questions ou présentent des changements de comportement marqués.

Un adulte tient un jeune enfant dans ses bras lors d’un moment de proximité à l’extérieur.

Il n’existe pas de deuil « typiquement neurodivergent »

Tout comme il n’existe pas de manière unique de vivre un deuil, il n’existe pas non plus une seule façon pour les enfants neurodivergents de faire face à une perte.

Certains jeunes autistes souhaitent parler longuement de ce qui s’est passé. D’autres trouvent davantage de réconfort dans leurs habitudes ou dans un centre d’intérêt particulier. Certains enfants avec un TDAH expriment leur tristesse de façon très visible, tandis que d’autres la vivent surtout à travers des manifestations physiques.

C’est pourquoi il est important de ne pas partir d’un diagnostic, mais de l’enfant lui-même.

La tristesse n’est pas toujours visible

De nombreux enfants neurodivergents ressentent leurs émotions avec intensité, mais ont plus de difficulté à reconnaître les émotions, les nommer ou les exprimer. Leur tristesse peut alors se cacher derrière des comportements qui ne semblent pas, à première vue, liés au deuil.

Vous pouvez par exemple observer qu’un enfant :

  • est plus rapidement surchargé par les stimuli ;
  • se met plus facilement en colère ;
  • a davantage besoin de garder le contrôle ;
  • se replie sur lui-même ;
  • dort moins bien ;
  • s’accroche davantage à ses routines ;
  • pose plus souvent les mêmes questions ;
  • reste particulièrement focalisé sur les faits ou les détails entourant le décès.

Ces comportements ne signifient pas nécessairement que l’enfant gère mal la perte. Ils peuvent au contraire être une manière d’exprimer sa tristesse.

Une compréhension très littérale peut compliquer les explications

Chez les enfants autistes en particulier, la manière de traiter l’information joue souvent un rôle important. Beaucoup d’entre eux ne comprennent pas spontanément les expressions imagées. Des phrases telles que « Mamie s’est endormie » ou « Nous avons perdu Papy » peuvent susciter de la confusion ou de l’inquiétude.

Une formulation claire et concrète est généralement plus aidante : « Mamie est décédée. Son corps ne fonctionne plus. Elle ne peut donc plus respirer, parler ni revenir. »

Même si cela peut sembler difficile, une explication claire apporte souvent davantage de sécurité que des mots trop adoucis.

Les changements peuvent être particulièrement difficiles

Après un décès, beaucoup de choses changent en même temps : les habitudes, l’organisation familiale, les émotions des adultes, les funérailles ou encore la vie quotidienne. Pour les enfants neurodivergents, cette accumulation de changements peut être particulièrement éprouvante.

Il est donc souvent utile de préserver autant que possible une certaine prévisibilité :

  • maintenir les routines quotidiennes ;
  • préparer à l’avance les changements à venir ;
  • expliquer ce qui va se passer ;
  • transmettre les informations par petites étapes ;
  • utiliser, si nécessaire, des supports visuels ou un planning.

Certaines réactions apparaissent plus tard

Tous les enfants ne réagissent pas immédiatement après un décès. Certains enfants neurodivergents semblent peu touchés dans un premier temps. Les questions, les émotions ou les changements de comportement peuvent n’apparaître que plusieurs semaines ou plusieurs mois plus tard. Cela est souvent lié à leur manière de traiter l’information et ne signifie pas qu’ils sont moins affectés par la perte.

Il est donc important de rester attentif aux signes de tristesse, même à plus long terme.

Un adulte accompagne un enfant qui écrit un message dans un livre de condoléances, à côté de fleurs et d’un portrait.

Comment aider votre enfant ?

La forme de soutien la plus précieuse est souvent plus simple qu’on ne l’imagine : essayer de comprendre comment votre enfant traite l’information, vit ses émotions et trouve un sentiment de sécurité.

Ce qui aide souvent :

  • parler avec honnêteté et de manière concrète ;
  • laisser de la place aux questions, même lorsqu’elles reviennent souvent ;
  • éviter de juger trop rapidement certains comportements ;
  • maintenir autant que possible une structure rassurante ;
  • respecter le rythme de l’enfant ;
  • proposer différentes façons d’exprimer les émotions, comme parler, dessiner, écrire, jouer ou bouger ;
  • collaborer avec l’école et les autres adultes de confiance afin d’offrir un accompagnement cohérent.

L’essentiel à retenir

Les enfants neurodivergents ne vivent pas leur deuil moins intensément que les autres enfants. Leur tristesse se manifeste simplement parfois différemment de ce que les adultes attendent. En regardant l’enfant au-delà du diagnostic, en lui donnant des explications claires et en respectant sa manière de traverser cette épreuve, vous l’aidez à avancer pas à pas face à la perte.