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Comment soulager les troubles physiques liés au deuil ?

Temps de lecture: 4 min
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Le deuil ne se vit pas uniquement dans la tête et dans le cœur. Il s’inscrit aussi dans le corps. Après une perte, des plaintes telles que la fatigue, des tensions musculaires, des douleurs, une respiration courte, des palpitations, une baisse de l’immunité ou des troubles digestifs peuvent survenir. Ils peuvent être déroutants, surtout lorsqu’on ne fait pas directement le lien avec le deuil. La thérapeute Katrien Hooghe explique comment le travail corporel peut apporter un réel soutien.

« Le deuil provoque un stress profond pour l’ensemble du système », explique Katrien Hooghe. « Le corps tente de s’adapter à une nouvelle réalité. Cela peut se traduire par toute une série de manifestations physiques. »

Katrien Hooghe

Katrien a travaillé pendant de nombreuses années comme kinésithérapeute avant d’évoluer vers une approche holistique et corporelle de l’accompagnement. Au sein de son cabinet pluridisciplinaire Back-in-balance, elle accompagne des personnes confrontées à la maladie, aux soins palliatifs, à la perte et au deuil.

Qu’est-ce que le travail corporel en période de deuil ?

Katrien explique : « On pense souvent qu’il y a quelque chose à “réparer” dans un corps en deuil. Pourtant, le corps est un système qui se régule généralement de lui-même. En thérapie corporelle, nous lui offrons surtout de l’espace : la liberté de ressentir, s’ancrer, relâcher et se réparer, à un rythme qui lui convient. »

Le travail corporel peut passer par des approches simples telles que :

  • la respiration ;
  • le toucher ;
  • le mouvement ;
  • la méditation ou la relaxation.
L’objectif n’est pas de faire disparaître la tristesse, mais de soutenir le corps afin de retrouver un peu plus de calme et de sécurité dans une période difficile.

Comment se déroule une séance de thérapie corporelle ?

Une séance ne commence généralement pas directement sur la table de soin. « Nous commençons par ralentir », raconte Katrien. « Souvent, nous nous installons d’abord dans le canapé, avec une tasse de thé. Nous écoutons ce que le corps exprime : où se situent les tensions, la douleur, ce qui est en excès ou en manque. La personne a-t-elle surtout besoin de repos, de réconfort, de mouvement ou d’espace pour respirer ? »
Ensuite, l’accompagnement s’adapte à ce qui est utile à ce moment-là : un massage doux, du reiki, un travail respiratoire ou des exercices simples. Il arrive aussi qu’on propose des exercices à faire chez soi, afin de continuer à soutenir le corps entre les séances.

Sécurité

Isabelle, qui a perdu son partenaire, racontait qu’elle avait « l’impression de ne plus pouvoir respirer à cause d’une oppression constante dans la poitrine ». Elle dormait mal, avait la gorge nouée et continuellement des tensions dans la nuque. Par la simple présence, le ralentissement, l’attention portée à la respiration et le toucher très doux, le corps a pu ressentir à nouveau sécurité et liberté. Après quelques séances, elle confiait : « La tristesse est toujours là, mais mon corps n’est plus constamment en alerte. Je peux à nouveau m’ancrer et respirer normalement. »

Vous pouvez aussi soutenir votre corps en deuil chez vous. Katrien conseille : « Accueillez le ralentissement que votre corps réclame. Reposez-vous. Allez dehors, dans la nature. Pratiquez le yoga ou le Chi Kung, méditez. Osez dire que vous avez besoin d’un câlin. Dormez suffisamment et mangez sainement. Cela semble anodin, mais c’est souvent exactement ce dont le corps a besoin. »

Quels sont les avantages du travail corporel en période de deuil ?

Le travail corporel peut aider à :

  • retrouver du calme, en permettant au corps de ne plus être en alerte ;
  • relâcher ce qui est bloqué, comme les tensions dans la nuque, la poitrine ou le ventre ;
  • mieux comprendre ce que le corps exprime, même lorsque les mots manquent ;
  • réconforter grâce à un toucher sûr et respectueux ;
  • soutenir des fonctions essentielles comme la respiration, le sommeil, la gestion du stress ou la digestion.

Sabine Cocquyt, qui a perdu ses deux parents en peu de temps, s’y reconnaît pleinement : « Le travail tout en douceur d’un massage respectueux, le geste réconfortant de toucher un corps douloureux de toutes parts, m’ont apporté énormément de réconfort. C’est ce qui m’a donné envie de me former à mon tour. De la pratique du massage, je me suis ainsi tournée vers la thérapie craniosacrée : une forme de toucher extrêmement douce, qui invite à une détente profonde, à un travail très fin sur le traumatisme, dans une présence presque méditative. Être à l’écoute de l’individu, sans mots. À ce niveau-là, il se passe de véritables miracles sur la table. »

À qui s’adresse le travail corporel ?

Le travail corporel peut soutenir de nombreuses personnes, à condition d’en adapter le rythme et l’approche à la personne endeuillée.

« Certaines personnes préfèrent éviter la méditation, car elle peut être trop éprouvante », explique Katrien. « Dans ce cas, un massage peut être sécurisant et aidant. Tout est question d’ajustement : qu’êtes-vous en mesure de supporter aujourd’hui, et de quoi votre corps a-t-il besoin maintenant ? »

Lorsque quelqu’un est ouvert à ses émotions et veut y consacrer du temps, il y a presque toujours une approche possible. Il s’agit parfois de chercher ensemble celle qui convient le mieux à ce moment précis.

 

À quoi être attentif dans le choix d’un thérapeute corporel ?

Il convient d’abord de clarifier ce dont vous avez le plus besoin.

Si vous cherchez surtout du calme et du réconfort, un toucher doux peut être approprié. Si vous souhaitez mieux comprendre le deuil et les réactions de stress, choisissez quelqu’un ayant une expérience spécifique du deuil. Si vous voulez remettre votre corps en mouvement, une thérapie par le mouvement peut aussi convenir. En cas de douleurs physiques ou d’interrogations liées à votre corps, une formation médicale peut être un atout.

Quel que soit votre choix, l’essentiel est de vous sentir en sécurité, écouté et respecté, avec la liberté d’avancer à votre propre rythme.

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