Guide du deuil DELA
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Deux personnes s’enlacent en extérieur, dans un environnement naturel avec des arbres et des buissons en arrière-plan.

Comment bien soutenir une personne après la perte d’un partenaire ?

Temps de lecture: 5 min
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Hilde Dewitte accompagne depuis 30 ans des personnes ayant perdu leur partenaire. Elle constate à chaque fois à quel point de petits gestes, simples et réfléchis, peuvent faire toute la différence pour une personne endeuillée. « Il ne s’agit souvent pas de grandes choses, mais d’être présent d’une manière qui correspond réellement à ce dont la personne a besoin. »

Faire en sorte que quelqu’un se sente bienvenu en société

Un premier point d’attention concerne la façon d’accueillir une personne en deuil dans des situations sociales. Les personnes seules après un deuil se sentent souvent rapidement mises à l’écart lorsqu’elles se retrouvent entourées de couples.

Hilde Dewitte, collaboratrice du groupe d’entraide ConTempo, explique : « Si vous invitez une personne en deuil seule avec un couple, veillez à ce qu’elle ne soit pas assise directement en face de ce couple. Assurez‑vous aussi qu’elle ne soit pas isolée physiquement : une table ronde peut aider. Et si quelqu’un arrive seul dans un espace animé, proposez spontanément une chaise à côté de vous. »

De petits signaux font déjà une grande différence. Montrer une place libre ou faire de la place enlève beaucoup d’incertitude, surtout durant les premiers mois après la perte.

Repas, structure et aide au quotidien

Dans la période initiale, une aide pratique peut être particulièrement précieuse. Apporter un repas est un geste simple mais très aidant. « Les plats réconfortants fonctionnent le mieux », explique Hilde. « Quelque chose de simple et facile à manger, comme une lasagne. »

Se retrouver seul à table peut faire disparaître complètement l’appétit. Beaucoup de personnes cessent de cuisiner, mangent rapidement au comptoir ou de manière irrégulière. Dans ce contexte, partager un repas ou en apporter peut faire une grande différence.

Ne pas seulement inviter, mais accompagner

Une invitation peut rester vague. Passer à l’action est souvent plus efficace. Hilde : « Ne dites pas seulement “tu es le bienvenu”, mais plutôt : “je viens te chercher dimanche pour aller nous promener”. Cela rend les choses concrètes et donne souvent l’élan dont quelqu’un a besoin. »

Les week‑ends, les jours fériés et les périodes estivales sont particulièrement difficiles, car les repères sociaux disparaissent. C’est justement à ces moments qu’il est précieux de proposer activement une activité.

De nouvelles expériences peuvent également aider : une sortie en train, la visite d’une association ou d’un lieu inconnu permettent d’ouvrir de nouveaux horizons.

Passer spontanément reste précieux

Dans une société où tout est planifié, les visites spontanées sont devenues rares. Pourtant, elles conservent une grande valeur. Hilde : « Passer à l’improviste peut tomber au bon moment. On peut tomber sur une journée particulièrement difficile. »

Exprimer ses condoléances peut aussi se faire à plusieurs reprises. Les personnes en deuil racontent souvent leur histoire encore et encore, et cela aide à gérer leur deuil.

Karin Kuiper décrit ce sentiment dans son livre Je mag me altijd bellen : « Je pense que ces premiers mois, je les ai traversés parce qu’il y avait des personnes qui continuaient à venir, à aider, à appeler et à écouter, sans que je doive le demander. »

Oser poser des questions concrètes

« Que vas‑tu faire des vêtements de ton partenaire ? » Beaucoup évitent ce type de question par crainte d’aborder un sujet sensible. Pourtant, cette ouverture montre que l’on comprend la réalité de l’autre.

Hilde : « Les gens veulent aider, mais ne savent pas toujours comment. Si quelqu’un dit qu’il n’arrive pas à trier les affaires, proposez de le faire ensemble. »

Les questions concrètes sont souvent plus utiles que des phrases générales comme « appelle‑moi si tu as besoin ».

Par exemple :

  • « Je vais faire les courses, tu viens avec moi ? »
  • « Je peux venir tailler ta haie ? »
  • « Je peux t’aider avec cette lettre administrative ? »

Il est aussi important d’écouter ce qui est dit entre les lignes. Si quelqu’un évoque, par exemple, une tâche qu’il n’a jamais faite seul, proposer de l’accompagner peut être une aide précieuse.

Information et reconnaissance

Certaines personnes ont besoin de reconnaissance ou d’explications. Un livre écrit par quelqu’un vivant une situation similaire ou des informations fiables peuvent aider. Hilde : « Je renvoie souvent vers le Guide du Deuil, où différentes ressources sont disponibles. »

Un soutien accru pour les jeunes familles

Pour les jeunes veufs ou veuves avec enfants, la charge est double : le deuil et les responsabilités quotidiennes. Hilde : « Alléger leur quotidien est essentiel. Il ne s’agit pas seulement de parler, mais vraiment de prendre en charge certaines tâches. Cela permet au parent d'avoir du temps … pour dormir, faire le ménage ou simplement lire un livre. »

Concrètement, cela peut signifier :

  • apporter des repas
  • s’occuper des enfants
  • organiser une garde
  • accompagner les enfants à leurs activités
  • organiser des moments de jeu

Karin Kuiper le décrit ainsi : « J’aspire plus que jamais au repos et à être soutenue… J’aimerais que quelqu’un vienne chaque jour s’occuper un moment des enfants, leur proposer un fruit, jouer avec eux. Et qu’on me prépare un café, juste pour pouvoir souffler un instant. »

Les vacances aussi constituent un défi. Il existe certes des associations pour parents célibataires, mais elles sont peu nombreuses. Inviter quelqu’un à vous accompagner peut alléger considérablement la pression et briser le sentiment de solitude permanente. Même un simple week-end à l’extérieur permet de rompre avec cette impression d’être toujours seul.

Accepter de recevoir de l’aide

Tout le monde aime rendre service à quelqu’un d’autre, mais beaucoup de gens ont beaucoup de mal à demander de l’aide. C’est pourtant exactement ce qu’il faut faire. Hilde : « Quand on est en deuil et qu’on demande soi-même de l’aide, on rend service à quelqu’un, car on lui donne l’occasion de nous aider. »

Demander de l’aide peut même prendre une forme structurée, par exemple une journée d’aide fixe avec la famille ou les amis, qui se termine par un repas pris en commun. Cela permet de garder les choses claires et réalisables pour tout le monde.

Trouver de nouveaux repères

L'aspect « prendre soin » disparaît également lorsqu'un partenaire décède. Si l'on dispose de temps et d'espace, un animal de compagnie peut alors apporter une grande valeur ajoutée. Hilde: « Même un oiseau ou un poisson peut déjà aider. Cela apporte une structure, de la compagnie et un sentiment de prendre soin de quelqu'un. Un chien vous fait sortir et favorise les moments de contact avec les autres. Bien sûr, un animal de compagnie implique aussi des responsabilités, mais pour beaucoup de gens, c’est un immense réconfort. »

Les groupes d’entraide, comme ceux de ConTempo, peuvent également aider. Hilde constate que les personnes qui ont suivi un parcours de deuil, au cours duquel elles se sont réunies pendant 8 semaines avec un groupe fixe, ont également changé physiquement. « Elles se tiennent par exemple plus droites, elles rient davantage, elles redeviennent un peu plus optimistes. »

En général, un tel groupe devient une nouvelle petite famille. Ainsi, lors d’un événement, Hilde a été abordée par deux femmes qui s’étaient rencontrées il y a 20 ans dans un groupe de soutien au deuil de ConTempo. « Elles continuent de sortir ensemble. »

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