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De la perte d’un enfant… à l’espoir de renaître

Temps de lecture: 3 min
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Perdre un enfant est une épreuve inimaginable, qui bouleverse la vie et laisse un vide immense. Le parcours de Georgia Gkolfinopoulou montre comment, malgré la douleur, il est possible de trouver des ressources intérieures et un sens à la vie après une telle perte.

« Aujourd’hui encore, je ressens que l’amour que je partage avec Yannis continue de grandir. Il m’arrive de rêver de lui et de le réveiller pleine de joie. »

Georgia avait toujours rêvé d’une grande famille. « J’aspirais à avoir quatre enfants », confie-t-elle. La vie lui offre en effet quatre grossesses, mais deux bébés décèdent prématurément. Elle donne finalement naissance à deux garçons.

Son plus jeune fils, Yannis, perd la vie à l’âge de 22 ans dans un accident de moto, alors qu’il étudiait dans son pays natal. Georgia, installée en Belgique depuis 2014, apprend la nouvelle par téléphone. Le choc est immense. Elle évoque « le cœur brisé » en repensant à cet instant.

« Le jour même, je prends l’avion avec mon fils aîné pour rejoindre Yannis. Ce voyage reste gravé dans ma mémoire, marqué par le silence et l’émotion. À ce moment-là, une seule préoccupation: mon fils aîné et la manière dont il traversera cette épreuve. »

Une présence invisible

Très vite, Georgia ressent qu’elle peut s’appuyer sur de nombreuses ressources. Elle est entourée de sa famille, de son conjoint et de ses amis, qui lui témoignent leur soutien avec discrétion. Elle évoque aussi une présence plus invisible : celle de ses parents disparus. « Dès le début, j’ai ressenti une vague d’amour et de chaleur », explique-t-elle. « Mon éducation religieuse, ma formation en thérapie systémique et les valeurs transmises par mes parents sont devenus des repères précieux pour affronter la perte de mon fils. »

Les jours qui suivent sont intenses : visite à la morgue, démarches administratives, organisation des obsèques. En parallèle, elle vit des moments de grande tendresse avec ses proches, présents selon ses besoins, parfois très proches, parfois plus en retrait.

Vivre pleinement

Les funérailles se déroulent dans une atmosphère paisible. De nombreux jeunes, amis de Yannis, sont présents. Le respect et la sérénité dominent, mais laissent aussi place à des rires et à des souvenirs partagés. Georgia se souvient avoir ressenti que toutes ces émotions coexistaient naturellement. « J’avais été chanceuse de l’avoir dans ma vie pendant 22 ans. Échanger avec ses amis, découvrir de nouvelles anecdotes… c’était pour moi et ma famille un véritable cadeau. » Pour Georgia, une conviction s’impose rapidement : « Ce n’est qu’en vivant pleinement ma vie que je lui rendrai hommage. »

Avec le père de Yannis et son fils aîné, Georgia retourne dans l’appartement du jeune homme pour le vider. Ils invitent ses amis à venir choisir un objet en souvenir. Le reste est donné à des associations. Lorsque tout est terminé, Georgia reste seule pour remettre les clés au propriétaire. Ce moment, à la fois doux et chargé d’émotions, marque pour elle une étape importante. Elle y voit « la fin d’une partie de sa vie et de la mienne ».

Source de réconfort

Peu de temps après, elle rentre en Belgique et reprend le travail. Elle s’autorise à ressentir toutes les émotions qui la traversent : tristesse, colère, joie, frustration. Autour d’elle, les gens hésitent parfois à aborder le sujet, ne sachant que dire. Pourtant, Georgia parle volontiers de son fils, de sa vie et de ses sentiments. Ces échanges deviennent une source de réconfort. « Ils me donnaient l’occasion de parler de mon fils et ainsi de le garder vivant dans mon cœur », explique-t-elle.

Deux ans après le décès de Yannis, Georgia se sent suffisamment forte pour accompagner d’autres personnes endeuillées. Elle entame une formation qui lui permet de mieux comprendre le deuil : « Il est normal, naturel et universel ». Elle réalise aussi que, si la vie nous apprend à acquérir, elle nous prépare peu à la perte.

En apprenant à exprimer ses émotions, à affronter ses peurs et à entamer un chemin de guérison, Georgia transforme progressivement son épreuve. Elle reconnaît que traverser son propre deuil a été un travail difficile, mais essentiel. Aujourd’hui, cette expérience lui permet d’aider d’autres personnes à faire face à leur perte et à avancer, à leur rythme.

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