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Le jardinage, source de réconfort

Temps de lecture: 4 min
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Les personnes en deuil cherchent souvent des moyens de retrouver des repères. Pour certaines, cela passe par le dialogue, pour d’autres par la marche ou la créativité. Le jardinage peut lui aussi être étonnamment réconfortant. Travailler la terre de ses mains, planter une graine ou voir une fleur s’épanouir apporte à beaucoup de gens apaisement, rythme et perspective.

Le pouvoir de la nature

Pour beaucoup, la nature a une influence positive sur le bien-être. Passer du temps dans un environnement verdoyant nous permet de constater que le stress diminue, que les pensées négatives s’estompent et que nous retrouvons la sérénité. Le bruissement des feuilles, le chant des oiseaux ou l’odeur de la terre humide stimulent nos sens et nous ancrent naturellement davantage dans l’instant présent.

Pour les personnes en deuil, la nature revêt une signification supplémentaire. Les saisons nous montrent que le changement fait partie intégrante de la vie. Les arbres perdent leurs feuilles, les plantes dépérissent, et pourtant, chaque printemps, une nouvelle vie renaît. La perte et l’espoir peuvent coexister.

Le silence de la nature possède lui aussi une force qui lui est propre. À l’extérieur, le silence n’a pas besoin d’être comblé. Il offre un espace pour les souvenirs, la tristesse et la réflexion, sans qu’il soit nécessaire de recourir aux mots.

Pourquoi le jardinage peut-il être source d’apaisement ?

Le jardinage va au-delà du simple fait d’être à l’extérieur. Il exige de l’attention, du mouvement et du soin. La tête, le cœur et les mains travaillent ensemble. Après une perte bouleversante, on peut avoir l’impression que tout s’est arrêté. Planter une graine ou prendre soin d’un jeune plant nous rappelle que la vie, malgré tout, continue. Le chagrin et la nouvelle vie ne s’excluent pas nécessairement l’un l’autre.

Le jardinage peut également donner un sentiment d’utilité. À une période où beaucoup de choses semblent hors de contrôle, il existe de petits gestes qui font bel et bien la différence : arroser, tailler, désherber ou planter quelque chose de nouveau. Cela procure un sentiment de maîtrise et de satisfaction.

De plus, le jardinage peut aider à se changer les idées. Quand on travaille les mains dans la terre, on sent le sol, on hume le parfum des fleurs et on observe attentivement ce qui pousse. Cette expérience sensorielle peut nous ramener dans l’ici et maintenant.

Un jardin nous apprend également à faire preuve de patience. Une plante ne pousse pas plus vite simplement parce qu’on le souhaite. Le deuil, lui non plus, ne suit pas un calendrier fixe. La guérison ne s’impose pas, mais demande du temps, de l’attention et de la douceur.

Pour certains, le jardin devient également un lieu de mémoire. Planter un arbre, un arbuste ou des fleurs en mémoire d’un être cher crée un lieu de souvenir vivant qui évolue au fil des saisons. Prendre soin de cet endroit peut être perçu comme un rituel d’amour dans lequel le lien avec le défunt continue de vivre.

Enfin, un jardin rend visible chaque jour le cycle de la vie. Pousser, fleurir, se faner et recommencer sont indissociables. C’est précisément ce cycle naturel qui peut aider les gens à replacer la perte dans une perspective plus large.

Dans un jardin, rien n’est une question de précipitation. Une graine a besoin de temps pour germer, une fleur pour s’épanouir et un arbre pour grandir. Peut-être y a-t-il là une leçon importante pour ceux qui sont en deuil : le rétablissement ne se force pas. Tout comme un jardin, cela demande de l’attention, de la patience et la confiance que, malgré l’hiver, quelque chose de nouveau finira par repousser.

Lucy’s Oase : un jardin où le réconfort peut s’épanouir

Au cœur d’Anvers, « Lucy’s Oase » devient un lieu de rencontre unique où se mêlent nature, liens humains et deuil. Avec le soutien du Fonds DELA, Lucy’s Antwerpen a transformé un jardin urbain minéral en une oasis de verdure où chacun est le bienvenu pour se détendre, jardiner ensemble ou participer à l’un des ateliers consacrés au réconfort et aux adieux.

Najomi Smets et Lien Vloeberghs animent ces ateliers. « Depuis des siècles, les plantes, les fleurs et les jardins sont porteurs de significations et de rituels liés au deuil. Parallèlement, chacun crée ses propres souvenirs et symboles. Nous constatons également un effet réconfortant dans le fait de travailler ensemble dans un jardin : tout comme dans un jardin où se côtoient des fleurs fraîchement plantées, des mauvaises herbes sauvages, de grands arbres et de jeunes pousses, de nombreuses personnes peuvent jardiner ensemble, se souvenir et trouver du réconfort les unes grâce aux autres et les unes avec les autres. Même si elles traversent des processus très différents. »

Ainsi, Lucy's Oase n'est pas seulement un jardin où poussent des plantes, mais aussi un lieu où les gens se souviennent, tissent des liens et trouvent du réconfort ensemble.

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